"Elégants et précieux"
Concerto pour piano de Prokofiev
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La soirée se poursuivit par la prestation de Francesco Schlimé qui
s’attaqua au cinquième concerto pour piano de Serge Prokofiev. Le terme
d’attaque n’est probablement pas le plus adéquat. Sa vision du
concerto était plutôt fine et plus rusée que franchement volontaire.
D’une maîtrise toujours très affûtée, telle qu’on la lui connaît, le
pianiste élucida les détails les plus singuliers, même si l’orchestre
ne l’épargnait parfois pas au niveau du volume sonore.
Francesco
Schlimé proposa un heureux mélange de souveraineté et de désinvolture.
Son approche fut assez convaincante dans une oeuvre aussi ironique et
profonde en même temps et, par dessus tout, expressive. Il s’y montra
plus évocateur et poète qu’aventurier opiniâtre, plus méticuleux que
périlleux dans son approche. ……….Le quatrième mouvement eut sans doute
les qualités les plus envoûtantes. Des cinq mouvements le plus
dramatique, on y entendit un pianiste qui connaît exactement la valeur
des nuances et qui a tout compris de l’esprit assombri, riche d’arpèges
et d’accords colorés typiques de Prokofiev.
En
parallèle, les instruments à vent rendirent soigneusement cette
influence du style français qui est la suite logique d’une amitié du
compositeur avec Francis Poulenc. On admira une interaction entre le
chef d’orchestre Claus Peter Flor et le pianiste qui ne manqua en aucun
point de précision et de souplesse…..
Luxemburger Wort, novembre 2004, Greg Foetz